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 Shiemy Lee •J'ai besoin de manger un rêve•

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AuteurMessage
Shiemy Lee
Fondatrice || Re-Code || Lorelei
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Messages : 13
Date d'inscription : 02/04/2013
Age : 21
Localisation : Dans une poubelle

Dossier Personnel
Niveau:
18/20  (18/20)

MessageSujet: Shiemy Lee •J'ai besoin de manger un rêve•   Mar 2 Avr - 11:19





Shiemy
LEE





IDENTITY
Nom : Lee
Prénom : Shiemy
Âge : 17 ans
Surnom : Lorelei
Groupe : Mauvais

« Un rêve est fait pour être rêvé. Ce que je vais réaliser, ici, et maintenant, c'est ton pire cauchemar. »
Le Rêve
Pouvoir : le pouvoir de Shiemy consiste à s'endormir à moitié afin de sombrer dans le monde des rêves. Néanmoins, un peu comme une somnambule, elle se déplace comme elle le ferait éveillée, et avec une parfaite vision sur le monde qui l'entoure, étant donné que celui de ses songes et identique, à une différence prêt : elle peut y créer ce qu'elle veut. Ainsi, elle peut d'un côté y amener son adversaire, ou encore transférer ses créations dans le Monde Réel. Seulement, ces dernières restent à moitié réelles seulement : plus leur masse est importante, plus elles ont des chances de disparaître facilement ou de n'avoir aucun effet.
Spoiler:
 

Forme Lost : en Lost, Shiemy prend automatiquement un visage adorable aux joues rouges, et devient extrêmement timide et craintive.


HISTOIRE
Les premières années de la vie de Shiemy sont toujours floues, dans son esprit. Elle ne prit réellement conscience de la réalité qui l'entourait que vers l'âge de quatre ans : et, malgré sa jeunesse, elle se trouvait déjà dans cet endroit. Dans l'Endroit.
Là-bas se trouvaient bien des choses. Des humains sur lesquels on procédait à diverses expériences, avant de leur prendre leurs organes pour les revendre. Les filles et femmes de ces pauvres victimes, qui, faute de moyens pour rembourser les dettes, étaient intégrées à un marché de prostituées peu après la mort du chef de famille. Et bien sûr, le secteur top-secret des Utilisateurs de Pouvoirs.
C'était à ça que Shiemy appartenait. Au bout du compte, sa condition ne différait pas trop de celle d'un humain normal ; seulement, à elle, on ne lui permettait pas de mourir. C'était plutôt naturel : elle était unique en son genre. Dommage qu'il faille créer certaines motivations pour l'aider à faire l'usage de ses habilités...
C'est de là que lui vient cette peur des armes blanches : après avoir tâté de leur pointe pendant une longue période de sa vie, elle est désormais incapable de rester stoïque lorsqu'elle n'en voit que le reflet. Mais il fallait bien avouer que, une fois affolée, elle faisait apparaître des créations bien plus réelles que d'habitude, qui pouvaient avoir un impact sur la réalité comparable à un véritable objet.
Mais ils ne la laissaient pas dormir.
Ils ne faisaient que l'attacher à un siège et l'obliger à subir ce semi-repos qui l'épuisait et la terrifiait. Et elle n'en est qu'une parmi tant d'autre.
En effet, les enfants ainsi exploités pouvaient être comptés au nombre d'une quinzaine : tous terriblement intéressants et indispensables pour les maîtres de l'Endroit.
Ils ne pouvaient converser, étant constamment séparés par d'épaisses cloisons et barreaux. Néanmoins, Shiemy ne tarda pas à se découvrir le don de rencontrer les autres, proche d'elle, dans ses rêves. Les entrevues étaient brèves, mais suffisantes pour faire passer des messages, et, tout simplement, pour ne pas sombrer dans la folie.
Mais cette dernière tâche devenait de plus en plus ardue, au fil des mois : les maîtres de l'Endroit n'avaient plus seulement l'intention de pousser Shiemy à faire apparaître de nouveaux éléments, mais aussi de trouver un moyen d'isoler son pouvoir afin de s'en servir, indépendamment d'elle-même. Les expériences qu'ils effectuaient sur elle étaient de plus en plus longues, fatigantes et dangereuses. Plus le temps passait, et plus ce dernier pressait.
Les enfants, après de longues semaines, parvinrent à coordonner leurs pouvoirs afin de planifier une évasion. Shiemy put créer des clés, des corps, des armes. L'épuisement était terrible, mais elle était persuadée qu'il s'agissait là de leur dernière chance.
Ce ne fut que lorsqu'ils furent parvenus à sortir de leurs cages respectives qu'ils apprirent que le bâtiment était attaqué, du côté opposé, par d'autres utilisateurs de pouvoirs - surpuissants, paraissait-il.
Le personnel et les Maîtres étaient terrifiés. Ils criaient, et couraient dans tous les sens, ce qui ne rendait la tâche que plus aisée pour les enfants : chaque pas les rapprochait de la sortie.
Et finalement, la procédure finale fut enclenchée : l'abandon de l'Endroit, son évacuation, et la suppression de tout son contenu - organique ou synthétique. Des portes blindées barrèrent le chemin aux jeunes utilisateurs de pouvoirs, tandis que la sirène annonçant l'incinération proche retentissait. Tous avaient peur de cette mort qu'ils avaient si souvent côtoyée ; néanmoins, lorsque le feu de l'explosion fut libéré, Shiemy s'endormit.
Moins d'une heure plus tard, les Re-Code parvinrent à forcer l'une des portes - bien que tous persuadés qu'il ne pouvait plus y avoir rien de vivant, derrière. Leur volonté avait été de trouver ces enfants exploités, et de former les plus puissants d'entre eux, tout en laissant les autres libres de faire ce qu'ils voulaient. Mais tout ce qu'ils trouvèrent fut une petite fille aux cheveux verts, allongée dans un cercle propre au milieu d'une mer de cendre.
Malgré leurs prévisions, elle se réveilla dès qu'ils l'eurent sortie ; son nom, d'après elle, était Shiemy. Ils furent ceux qui lui donnèrent celui de Lee.
L'enfant pu apprendre qu'elle et les enfants n'avaient pas été les seuls à pouvoir utiliser des capacités spéciales. Elle découvrit également que l'Endroit avait été ignoré, sinon financé, par l'Eden, une organisation qui se voulait salvatrice et justicière. Et les Re-Codes, eux, étaient les ennemis de cet Eden.
Il n'en fallut pas plus à l'enfant pour accepter de les rejoindre.
Néanmoins, elle ne put jamais se résoudre à les suivre partout où ils allaient. Loyale envers ses sauveurs, elle les rejoignait lorsqu'ils l'appelaient, mais passait le plus clair de son temps à profiter de cette liberté qu'elle avait eu du mal à obtenir. La folie qui avait grandit en elle l'incita à vivre une vie de débauche et de délinquance, ne nourrissant pas d'amour pour les hommes ou pour l'argent, mais pour le jeu. En effet, son seul but était, désormais, de s'amuser.
Le chat et la souris était son jeu préféré, je ne vous le cacherai pas. Et, tout le temps, elle jouait le rôle du chat.


CARACTERE
Shiemy a rarement le sourire aux lèvres ; elle est souvent – pour ne pas dire toujours – de mauvaise humeur, et ne voit aucun intérêt à ce qu'il en soit autrement. Il est vrai qu'en tant que solitaire, elle ne côtoie pas un grand nombre de personnes susceptibles de se plaindre de son antipathie. Les ennemis qu'elle croise parfois ont néanmoins droit à un traitement de faveur : un rictus psychopathe, des rires sadiques, des haussements de sourcils insensibles. En effet, Shiemy a peut-être une peur viscérale de la douleur, mais elle n'hésite cependant pas à faire ressentir cette dernière aux autres.
Durant les rares fois où elle est entourée de présence plus ou moins humaine, il arrive qu'elle fasse un effort de sociabilité, mais la plupart du temps en lançant des blagues qui retombent à plat. Pourtant, ces instants de gêne ne l'embarrassent pas le moins du monde, et elle affiche alors une expression impassible et parfois surprise - « C'était drôle, pourtant ! ». Shiemy n'est attachée à rien, ou presque ; que ce soit à l'argent, à la nourriture ou à qui que ce soit, raison pour laquelle elle n'hésite en général pas à risquer sa vie pour peu de chose, partant du fait qu'elle n'a rien à perdre. Mais une chose qui pourrait tout de même l'en dissuader se résume à un morceau de métal pointu : en effet, Shiemy nourrit une terreur absolue des lames, ciseaux, et cetera. Lorsque l'un de ces instruments se retrouve tourné dans sa direction, elle cesse tout mouvement et tremble des pieds à la tête. Pas très pratique, lorsque la plupart des ses ennemis potentiels, à savoir Yakusas et criminels de rue, sont équipés d'un bon attirail de canifs. Ainsi, la jeune fille a pris assez rapidement l'habitude d'attaquer en première, et ce dès qu'elle pressent un danger.
Un autre trait du caractère de Shiemy que nous pourrions citer serait son extrême paresse, due à ses aptitudes remarquablement développées à dormir. Elle peut se permettre de demander à un adversaire de faire une petite pause pour la laisser se reposer quelques minutes, bien que la plupart du temps, douze heures de sommeil ne suffisent pas pour l'empêcher de bailler toute les deux minutes.
Enfin, Shiemy peut-être, à bien des égards, qualifiée de perverse : elle n'est pas seulement une jeune fille au sadisme développé, mais également une libertine assumée, capable de chercher à prendre un peu de plaisir avec le moindre beau jeune homme passant par là – peu importent race et camp. De cette façon, elle a obtenu la réputation d'être plutôt neutre. Mais cela n'est pas exact : elle est extrêmement loyale envers les Re-Codes, et elle le fut envers Sagashimono, quand ce dernier était en vie.


PHYSIQUE
Il est vrai : Shiemy est petite – au regard de certains, minuscule. Et bien qu'elle tente de cacher sa haine à l'égard de ses 157 centimètres, elle n'hésite pas à casser le nez de l'auteur de la moindre moquerie concernant sa taille. Et, étant assez menue, elle arrive facilement à se faire passer pour une enfant bien plus jeune qu'elle ne l'est véritablement. Enfin, vous pourriez penser cela en la voyant de dos... Car ses yeux, verts comme des émeraudes, sont aussi fous que ceux d'un félin en cage – lorsqu'ils ne sont pas endormis par la fatigue. A cela s'ajoute la taille de ses dents, et notamment celle de ses canines, comparables à celles d'une bête : Shiemy use de cette caractéristique dans le but de dissuader les gêneurs les moins puissants de l'approcher – tels que les humains enquiquinants.
Une chevelure verte, courte et effilée, encadre son visage à la limite de l'enfantin : toujours en bataille, elle donne presque constamment l'impression d'être tout juste sortie du lit. Cela contribue peut-être à lui donner cette aura à la fois endormie et furibonde.
Enfin, n'ayant pas beaucoup d'argent, en général, elle se contente du minimum en ce qui concerne les vêtements, et préconise l'achat de pansements ou antibiotiques : elle s'habille la plupart du temps d'un débardeur noir, mettant en valeur une poitrine assez développée pour son âge et un ventre plat. Ne craignant pas le froid, elle ne couvre ses bras que de bracelets et ses mains de gants ou bagues, rapatriant une veste militaire autour de sa taille, attachée par les manches. Ses jambes, quant à elles, sont vêtues d'un large pantalon largement usé, remonté jusqu'à ses genoux lorsqu'elle a chaud, au-dessus de grosses chaussures de cuir à lacets. Enfin, sur le haut de sa tête sont posées une casquette et une paire de lunette, dont elle ne se sert pas beaucoup, mais qu'elle apprécie, pour une raison inconnue, de porter. Une batte de baseball est constamment attachée dans son dos – batte dont elle se sert pour faire ses œuvres de délinquante.


TEST RP
[D'un forum de Percy Jackson, sur lequel je joue un personnage dénommé Toki (héhé) ]

La patience - je devais sans doute m'estimer heureux de pouvoir compter cette qualité parmis les innombrables autres que je possédais. Dont la modestie, oui.
Cela faisait clairement plus d'une demi-journée que j'observais cette caissière du KartMarket décocher des sourires ravageurs à ses clients mâles. Déduire de son comportement les tactiques qu'elle avait l'habitude d'adopter, attendre qu'elle fasse une erreur, le lui faire regretter. La routine.
Lorsque mon oeil gauche, le rouge, était rendu aveugle par la mèche de cheveux qui le dissimulait, je voyais la même chose que tous les autres mortels présents dans ce magasin : une belle jeune fille aux longs cheveux bronzes et bouclés, aux ongles manucurés avec soin, aux dents blanches et aux formes enviables pour toute autre représentante du sexe féminin. Cependant, mon oeil d'origine monstresse, une fois utilisé, me faisait voir une peau couverte d'écailles vertes, une crâne chauve, un rictus reptilien et la langue tressautante d'un serpent à travers ses lèvres à l'air aussi tranchant que les canines qui en dépassaient. Pour tout dire, ce genre de femme serpent m'inspirait certes du dégout, mais aussi une petite dose d'admiration : contrairement aux autres créatures non-humaines et non-divines, elles ne se contentaient pas de la première proie venue : elles sélectionnaient avec soin, faisant usage d'une couverture insoupsonnée, comme dans le cas présent, caissière. Je devinais les yeux dorés de ma belle monstresse transpercer chaque mortel dans le but d'imaginer leur chétif petit cou entre ses dents. Et ce soir, elle retrouverait l'élu de son estomac plus que de son coeur et lui offrirait une dernière nuit dans une ruelle déserte à se faire dévorer sans espoir d'en réchapper.
Les aiguilles tournaient et la nuit enveloppait peu à peu la ville ; les derniers clients s'affairaient dans les rayons et quittaient le magasin. Je me demandai qui la caissière reptilienne avait sélectionné. De toute façon, son choix n'allait pas tarder à changer.
Un simple boîte de céréales sous le bras, je m'approchai de son point d'observation attitré, l'air aussi las et impassible que d'habitude. En passant devant elle, je ne pris pas la peine de la regarder - ce qui, malgré l'attirance qu'elle contraignait les mortels mâles à ressentir pour elle, était chose facile étant donné que j'avais passé une bonne partie de ma journée à l'espionner. Je la sentis, frustrée, essayer de capter mon regard. Ce ne fut que lorsqu'elle me tendit mon ticket de caisse que j'autorisai nos yeux à se croiser ; immédiatement, elle en profita pour me sourire avec tout le charme qui caractérisait un monstre de son espèce et me souhaitant une bonne soirée - voeux pleins de sous-entendus. Je l'imitai alors comme elle ne s'y attendait pas : avec un sourire dont le charisme dépassait largement le sien, je la remerciai, puis partit. J'entendis le client qui était derrière moi tenter de faire revenir sur terre notre belle ensorceuleuse.
Facile, tellement facile.
A peine une heure plus tard, j'avais vidé mon paquet de céréales et étais adossé au mur faisant face au KartKarket, patientant de nouveau. La monstresse ne tarda pas à sortir, ayant troqué son uniforme de travail contre un ensemble moulant au décolté plongeant noir. Elle m'aperçut, et je déduisis du regard qu'elle me lança que la meilleure façon de l'attirer dans mon traquenard était de la contraindre à m'y suivre.
Ce que, bien sûr, elle fit sans même une hésitation. Je tournai dans une ruelle tout en veillant à ne pas perdre le son de ses pas dans mon dos. Une fois à l'abri des regards humains, je pivotai pour lui faire face ; elle avait l'air plus que satisfaite de l'effet qu'elle croyait avoir sur moi, et aussi démeusurément fière de la trouvaille que je représentais pour elle.
_Tu es mignon, dit-elle en s'approchant. Quel est ton nom ?
Je ne bougeai pas.
_Quel est le tien ? rétorquai-je.
Elle gloussa. Aussi loin que remontait ma mémoire, je n'avais jamais vu aucun monstre jouer aussi bien son rôle de mortel.
_Tu as raison, éluda-t-elle à son tour. Restons inconnus l'un pour l'autre.
Elle n'était plus qu'à quelques centimètres de moi et se levait sur la pointe de ses pieds pour que nos têtes soient au même niveau. Je restais immobile, et elle ne cessait de rapprocher ses lèvres. Je fermai les yeux en portant la main à ma ceinture.
J'entendis un sifflement s'échapper se sa gorge, et sus qu'elle avait laissé tomber sa couverture. Je sentis son souffle sur mon visage tandis qu'elle découvrait les crocs, prête à mordre. Ce qui l'en dissuada fut un cliquetement, à gauche de sa tête. Elle se fit immobile comme une statue. En soulevant les paupières, j'eus une moue de dégout en voyant son vrai visage si proche du mien : son nez remplacé par deux fentes, ses cheveux soyeux devenue écailles sur son crâne et ses petits yeux jaunes et cruels tourné vers la source du bruit qui l'avait arrêté dans son élan : tout cela était ce qu'elle était parvenue à cacher à ses innombrables victimes.
Du canon du pistolet que je tenais sur sa tempe, je l'obligeai à reculer de quelques centimètres. Ses doigts recourbés comme des griffes et dont l'intérieur était tranchant comme des rasoirs étaient crispés sous l'effet de la surprise et de cette trahison insoupsonnée.
_Qu... fit-il d'une voix désormais aigue et sifflante. Qu'est-ce que c'est que ça ?
J'eus un sourire ; il était vrai que mon arme, par rapport à une épée ou un arc, n'était pas très règlementaire. Il s'agissait en fait d'un pistolet d'une vingtaine de centimètres et qui, lors de mes premières années de "service", m'avait parut extrêmement lourd en raison de sa largeur et de sa matière : du bronze céleste, seul métal pouvant détruire les créatures mythologiques. Cela n'avait pas été facile d'en prélever sur des monstres (comme dans leur griffes et leurs dents, par exemple), mais par chance, ils n'étaient pas les seuls êtres en mesure de m'en fournir.
De ma main libre, j'écartai la mèche de cheveux qui tombait sur mon oeil gauche : l'oeil rubis, greffé à la place de celui, identique au droit, que j'avais avant. L'oeil de monstre qui me permettait, une fois que je fermai mon oeil vert, de voir parfaitement non seulement à travers la Brume mais aussi à de longues distances. Bref ; c'était la caractéristique du chasseur de monstre que j'étais. Et il était possible que ma petite caissière vipère en aie entendu parler, étant donné le fait qu'elle se raidit à l'instant ou elle l'aperçut.
_Tu es... commença-t-elle.
_Chut !
J'avais posé mon indexe sur ma bouche en accompagnant le geste d'un regard froid.
_Je ne suis rien, ni personne. Emporte seulement cette image au Tatare.
Elle voulut s'enfuir, malgré mon arme sur sa tempe. Cependant, je ne tirai pas tout de suite ; qu'elle sache à quel point la terreur de la mort était terrible, et d'autant plus que seulement quelques minutes avant, elle n'aurait jamais cru que l'échéance fatale était arrivée.
Une détonation retentit dans la ruelle, et un nuage de poussière fut emporté au vent. En rangeant mon pistolet à coté de l'autre, dans ma ceinture, j'époussetai ma veste, mon pantalon, puis me rendit à l'hotel où j'avais réservé la nuit en faisant une nouvelle croix sur la première page de mon Répertoire et changeai le nombre, en bas à droite.
Avec celle-ci, j'en était donc à 859. Vivement les 860.
_Tu as tué Testa ! s'exclama une voix.
J'arrêtai ma marche et me retournai : au début, je ne vis rien, mais ne tardai pas à fermer mon oeil droit.
Dans l'ombre épargnée par les lampadaires qui s'étaient allumés à peine quelques secondes auparavent se tenait un homme... Ou non. Un géant. Il faisait dans les trois mètres et n'avait pour vêtements qu'un large, très, très large survêtement de sport gris pyjama.
_Plaît-il ? Soupirai-je.
_Testa ! répéta-t-il. Tu as tué Testa !
_Qui c'est ?
Il sembla sur le point de fondre en larme.
_Quoi ? Tu l'as déjà oublié ? Tu l'as tué hier et tu l'as déjà oublié ?
Testa ?
_Ah, oui... Fis-je d'un air fasciné. Testa...
Un instant, le géant parut heureux comme une princesse sur un beau cheval blanc. Mais sa joie retomba aussitôt pour laisser place à quelque chose qui se voulait effrayant - pour ma part, je trouvais ce monstre plutôt comique, mais le lui avouer n'était pas en tête de mes priorités. Je sortis une nouvelle fois mon pistolet et me mis à l'astiquer à l'aide de ma manche.
_Tu t'en prends aux humains ? demandai-je tout en m'affairant.
Il n'eut pas l'air de bien saisir ma question :
_Hein ? fit-il d'un ton peu inspiré.
_T'en prends-tu aux humains ? répétai-je avec patience.
Je coinçai mon arme sous mon bras pour avoir les deux mains libres et allumer une cigarette. Ce ne fut que lorsque je mis en marche mon briquet que le géant sembla se rappeler que c'était à lui que je m'adressais.
_P... Pourquoi tu...
_Je vais t'expliquer, coupai-je en soufflant une bouffée de fumée. Si tu es pascifiste, j'arrête de perdre mon temps avec toi et je m'en vais. Sinon, je te tue pour les mêmes raisons que pour lesquelles j'ai tué Tesla.
_Testa, corrigea-t-il.
_Testa.
_Eh bien...
Il sembla réfléchir durant d'interminables secondes pendant lesquelles je repris le nettoyage de mon pistolet de bronze.
_Je ne te laisserai pas partir ! dit-il enfin, catégorique.
Je m'apprêtai à lui annoncer d'un air dépité qu'il n'avait pas répondu à ma question, lorsqu'il envoya dans ma direction une forme lourde et sombre : une massue de bois.
Je ne pris pas le temps de faire un pas de coté : je levai le bras, appuyai d'une pression longue sur la gachette de mon arme qui, durant à peine quelques instants, rougeoya avant de tirer une balle qui explosa le morceau de bois en de milliers de petites échardes. Une nouvelle fois, j'époussetai mes vêtements d'un revers de main.
_Je m'en vais, décretai-je, sans chercher à croiser le regard stupéfait du monstre.
Je pivotai et fis quelques pas en tirant quelques fois de plus sur ma cigarette. Mais le géant, qui n'avait pas l'air de vouloir vivre - peut-être cette Tesia était-elle son amante ? - m'interpella :
_Reviens ici ! Tu es quoi ? Tu ne peux pas être un humain !
Je ralentis ma marche ; il avait prononcé cette dernière phrase avec certitude, mais aussi avec mépris.
_Tu es un demi-dieu, microbe ?
Je cessai d'avancer. Une brise froide vint soulever mes cheveux, tandis que mon coeur se révulsait à la seule audition de ce nom : demi-dieu.
Avec toute la vitesse pouvant me permettre de me mouvoir en étant presque invisible, je pivotai, courrus vers le géant, grimpai avec une facilité enfantine jusqu'à ses épaules et plongeai la main dans sa bouche encore ouverte. Lorsque je l'en ressortis, un jet de de liquide pourpe l'accompagna.
J'atteris de nouveau au sol en jetant par terre avec dégout le membre sanglant du monstre, qui se plaignait avec force.
_Ma 'angue ! Ma 'angue !
J'agitai mon bras pour le débarasser de quelques gouttes écarlate, jaugeai avec une grimace mes vêtements mouchetés de rouge et rangeai mon pistolet, avec la ferme intention de ne plus s'en servir avant d'avoir dormi au moins quatre heures consécutives. Cependant, dans son dos, le géant rugit et courrut dans ma direction en tendant le bras devant lui pour me saisir - et sans doute me broyer vivant pour venger la perte de sa langue. Subtil.
Néanmoins, j'évitai l'attaque d'une pas sur le côté ; la main s'enfonça dans le sol, fissurant le béton. Je ne lui laissai pas le temps de la récupérer en se redressant, et y plaçai mon pied avec toute la force dont j'étais capable - il y eut un bruit d'os brisés venant de ses jointures.
_Ecoute-moi bien, gros tas, avertis-je d'une colère froide.
Il me scruta, cette fois parfaitement terrifié, du sang coulant d'entre ses lèvres.
_Lorsque tu reviendras du Tartare, tu n'auras qu'à m'appeler une seule fois demi-dieu, graine de dieu, héros ou tout ce que tu veux... Et je ne te laisserai pas le plaisir d'une mort aussi simple que celle-ci.
Ses yeux s'écarquillèrent.
_Gueu...
_Oui : je t'ai fait avaler une bombe en bronze céleste tout en retirant ta mauvaise langue.
Pour le coup, il était réellement en proie à la terreur. Il porta ses deux mains à sa bouche, manquant de me faire tomber. Je m'éloignai sans empressement, et ce ne fut que quelques secondes plus tard que j'entendis l'explosion. J'eus un claquement dédaigneux de la langue : à partir de là, il était certain que j'allais être énervé la nuit durant au point de ne pas pouvoir dormir.
A ce moment, j'aperçus deux yeux qui m'observaient, un peu plus loin - des yeux plein de larmes, qui devaient arriver à ma taille. Lorsque j'en fus assez près, je vis un enfant, qui ne devait pas avoir loin de cinq ou six ans.
Je n'eus pas besoin de fermer mon oeil vert.
_Qu'est-ce que tu as ? demandai-je avec tout le calme dont j'étais capable après la remarque déplaisante du défunt géant.
Le petit garçon ne répondit pas. Il continuait à me regarder, avec dans les tréfons de ses iris une lueur... D'admiration. J'en vins à me demander ce qu'il avait bien pu voir de mes combats, à travers la Brume - si il en pleurait tout de même, quelques petites choses au moins.
_Tu es perdu ?
Il hocha la tête.
_Ma maman a dit que si je me perdais, expliqua-t-il enfin, je devais aller à l'hotel.
J'hochais la tête. Puis, avec douceur, je m'approchai et le soulevai de terre pour le placer sur mes épaules.
_On va retrouver ta maman, lui assurai-je.
Ce n'était pas la première fois que je prononçais cette phrase. Je soupsonnais les dieux de me tester, encore et encore, en m'envoyant un enfant perdu, et en m'obligeant à répéter la phrase que personne n'avais jamais pu me dire.


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